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A Hong Kong, on ne compare pas des pistaches et des cacahuètes

4/15/2026

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EXPRESSION CANTONAISE : « Hōi sām gwó » - « Quelqu'un à la joie de vivre communicative »
Vous franchissez le seuil de la salle privée réservée pour la soirée. Le thé « Pu-erh » (« Póu léi chàh », 普洱茶) a été servi. Personne encore n’a songé à ouvrir de bouteille de vin. Quelques notes de conversations poussives bruissent en sourdine. On dirait que les tracas du bureau ont accompagné les invités qui conservent leur mine sévère de bourreau de travail. Comme un charme rompant le sortilège de l’ennui, votre entrée en scène fait sensation. D’un coup, les visages crispés se détendent, s’irradient d’allégresse. « Enfin ! Voici notre « hōi sām gwó ! » (開心果) » s’exclame un hôte. Constatant votre air mi-contrarié mi-perplexe, ce dernier vous explique qu’il ne s’agit point d’une insulte, au contraire : Certes, « hōi sām gwó » peut signifier « pistache, » la drupe délicieuse à chair verte que vous connaissez bien en qualité de fine bouche. Or, suivant le contexte, la combinaison de ses trois caractères 開, 心 et 果 s’emploie pour décrire « les personnes à la joie de vivre communicative qui apportent de la gaité naturellement, » celles qui sont dotées d’un enthousiasme irrésistible. La pistache est le fruit du bonheur. Mot à mot, « gwó » (果) se traduit pas « fruit » et « hōi sām » (開心) par « joyeux ». Cet adjectif est composé de « hōi » (開) signifiant « ouvrir » et de « sām » (心) représentant le « cœur ».
Attention à ne pas confondre les pistaches avec les « cacahuètes » - « fā sāng » (花生) ! Si savourer des pistaches est toujours honorable (à moins d’en engloutir une quantité inconsidérée), en revanche, « avaler des cacahuètes » « sihk fā sāng » (食花生) laisse parfois à désirer. A Hong Kong, « le mangeur d’arachide » surnommé également le « fā sāng yáu » (花生友) n’est autre qu’un voyeur ou une oreille indiscrète. Ce dévoreur de commérages piochés par tout moyen se nourrit autour de lui et sur les réseaux sociaux. La devise de cet énergumène qui se délecte de faits cocasses est de ne jamais intervenir, surtout en cas de danger. Selon l’humeur, il prendra la peine de diffuser le ragot récolté, habillé en anecdote juteuse. A l’image de ce passager du métro hongkongais signalant en ligne, photo à l’appui, « qu'une personne portant un chapeau a transporté une bonbonne de gaz sous pression dans une rame, » sans que personne ne réagisse ni ne songe à déplacer l’objet en lieu sûr. Ce fait divers ne vaut peut-être pas une cacahuète : Les journaux qui se sont penchés sur l’affaire n’ont pas réussi à en vérifier la source. Quoi qu’il en soit, cette délation anonyme a contribué à un vif débat entre internautes.
Au Port au Parfum, l’expression « fā sāng yáu » est aussi à la mode que péjorative.  « Yáu » équivaut au mot Français « mec ». Marque d’humour Cantonaise, son classificateur grammatical est « tìuh » (條) désignant ce qui est long, étroit et déplaisant. Maintenant que vous êtes prévenu, éloignez-vous des vulgaires provocateurs qui vous traitent de « tìuh yáu ! » (« type ! »). Tendez bien l’oreille toutefois. Ne tombez pas dans le piège de mélanger le vulgaire « yáu » avec l’aimable « yáuh » de « pàhng yáuh » (« l’ami », 朋友) qui, phénomène déroutant, s’écrit avec le même caractère. Seule une ouïe bien entraînée évite de mélanger les torchons et les serviettes.


Par E.M. à Hong Kong
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Photo : 14/04/2026 La boulangerie Kee Wah Bakery, Wan Chai - ©Keih Saht Le
Fondée à Hong Kong en 1938, la chaîne de boulangerie Kee Wah confectionne les pâtisseries traditionnelles du Port au Parfum (dont nombre de friandises à base de cacahuètes).

Lexique :
Póu léi chàh : Le thé Pu-erh
普洱茶
Hōi sām gwó :  
La pistache, quelqu'un à la joie de vivre communicative
開心果
Hōi sām :
Joyeux, bonheur
開心
Gwó :
Le fruit
果
Sām :
Le cœur
心
Sām léih gihn hōng :
La santé mentale
心理健康
Sām léih :
La psychologie
心理
Gihn hōng :
La santé
健康
Fā sāng :
La cacahuète
花生
Fā :
La fleur
花
Sāng :
Être né, la vie
生
Sihk fā sāng :
La commère, le collectionneur de potins, le dévoreur de ragots
食花生
Sihk :
Manger
食
Fā sāng yáu :
Le voyeur, l’oreille indiscrète (péjoratif)
花生友
Yáu :
Le mec, le type (familier)
友
Tìuh yáu :
Un mec, un type (familier)
條友
Pàhng yáuh :
L’ami
朋友

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Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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A Hong Kong, les animaux brouillent les cartes

4/9/2026

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EXPRESSION CANTONAISE : « Baahn jyū sihk lóuh fú » - « Se déguiser en cochon pour dévorer le tigre »
Le train à grande vitesse s’éloigne de la gare de Hong Kong West Kowloon (WEK, « Hēung góng sāi gáu lùhng », 香港西九龍站). Cette fois, votre embarquement pour Canton s’est déroulé comme sur des roulettes. Grâce à votre nouveau permis d’entrée en Chine continentale dédié aux résidents permanents de Hong Kong non Chinois - « Mainland Travel Permit for Hong Kong and Macao Residents (for Non-Chinese Citizens), « Góng ou gēui màhn wóhng lòih noih deih tūng hàhng jing (fēi jūng gwok jihk) », 港澳居民往來內地通行證(非中國籍)- vous n’avez pas eu à faire la queue au comptoir de contrôle des frontières ni à remplir de formulaire d’entrée. Vous souriez de satisfaction en calculant le temps que vous venez de gagner. Par manie, vous allumez votre téléphone portable pour parcourir les messages qui viennent d’arriver. Vous remarquez que le voyant de la batterie de l'engin dont vous être inséparable indique qu’il lui reste moins de dix pour cent d’autonomie. Vous cherchez son chargeur. En vain. Vous avez oublié de l’emmener ! De rage, vous vous exclamez « sòh gang gang ! (傻更更) pour « quelle tête de linotte ! » ou « quelle idiote ! »  Notons que le degré de dénigrement inhérent à cette expression monte d’un cran dès lors qu’elle cible quelqu’un d’autre : Vous prêtant sa batterie de poche, l’amie serviable qui vous accompagne vous réplique que s’il existe quelqu’un de « sòh gang gang », de « complétement stupide, dénué d’intelligence, » ce n’est point vous. C’est plutôt la nouvelle recrue du club d’affaires dont vous êtes membres.
Vous ne partagez pas cette analyse. D’après vos observations, la personne citée cache son jeu. En réalité, cette dernière « baahn jyū sihk lóuh fú » (扮豬食老虎), « prétend d’être un cochon afin de dévorer le tigre. » « Baahn » signifie « feindre » et « sihk, » « manger ». « Jyū » se traduit par « cochon. » « Lóuh fú » est le « tigre, la tigresse » présents dans les Nouveaux Territoires de Hong Kong jusque dans les années 50. Les individus qui « baahn jyū sihk lóuh fú » ne cachent pas leurs compétences par timidité mais pour arriver à leurs fins. Ces stratèges masqués travaillent d’abord à donner un sentiment de sécurité avant de lancer, au moment adéquat, une attaque surprise pour avaler, ni une ni deux, le félin endormi. Les « baahn jyū sihk lóuh fú » sont des êtres sournois dont il faut se méfier. « Mouh seun ! » (唔信) dira-t-on en Cantonais, pour « il ne faut pas faire confiance ! ».
Après avoir personnifié le cochon puis croqué le roi de la jungle, il ne reste plus qu’à tester la puissance de son pouvoir en « jí luhk wàih máh » (指鹿為馬), à « montrer un cerf puis prétendre que c’est un cheval. »  Ce stratagème consiste à déformer délibérément une vérité afin de repérer ses opposants - ceux qui oseraient mettre en doute le mensonge énoncé - puis à les éliminer. Cet idiome ancien se réfère au règne du deuxième empereur de la dynastie des Qin (de 210 à 207 avant Jésus Christ), appelé « Qin Er Shi » (秦二世, en Cantonais, « Chèuhn Yih Sai »). Les « Mémoires du Grand Historien » (« Shǐjì » 史記, en Cantonais « Sígei »), écrites par l’historien Sima Qian (司馬遷), racontent qu’à cette époque, en voulant éprouver l’obéissance des ministres, le chancelier Zhao Gao (趙高) présenta un cerf à la cour en racontant qu’il s’agissait d’un cheval. Croyant à une plaisanterie, l’empereur interrogea les membres de son gouvernement. Ceux qui craignaient l’homme d’influence rusé affirmèrent voir un destrier. Les quelques obstinés qui s’entêtèrent à reconnaître l’animal à bois furent assassinés. Conclusion, mieux vaut se faire passer pour un cochon plutôt que de s’en aller en eau de boudin.

Par E.M. à Hong Kong 
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Photo : 16/05/2021 Un sanglier se promenant sur la route longeant l’une des plages de Clear Water Bay - ©Keih Saht Le
Lexique
« Baahn jyū sihk lóuh fú » : « Se déguiser en cochon pour dévorer le tigre », « Cacher son jeu »
扮豬食老虎
Baahn :
Prétendre, feindre, se faire passer pour
扮
Jyū :
Le cochon
豬
Sihk :
Manger
食
Lóuh fú :
Le tigre, la tigresse
老虎
« Sòh gang gang » :
« Vraiment stupide ! »
傻更更
Dans le cadre de cette expression, « gang gang » n’a pas de signification particulière. La répétition de « gang » est simplement une astuce phonétique destinée à accentuer le sentiment d’agacement.
Sòh :
Stupide, idiot, naïf, sot
傻
 « Mouh seun ! » :
« Ne pas faire confiance »
唔信
Seun :
La confiance, faire confiance
信
« Jí luhk wàih máh » :
« Montrer un cerf puis prétendre que c’est un cheval. »  « Présenter un cerf pour un cheval. » 
指鹿為馬
Jí :
Montrer, pointer
指
Luhk :
Le cerf
鹿
Wàih :
Pour
為
Máh :
Le cheval
馬
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A Hong Kong, la réussite prend l’allure d’une canne à sucre

4/3/2026

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EXPRESSION CANTONAISE : « Dihm gwo lūk je ! » - « Succès sans encombre ! »
Midi pile, Art Central, la foire hongkongaise d’art contemporain dédiée aux galeries prometteuses, ouvre ses portes. Les collectionneurs et amateurs de la première heure présentent le code barre de leur invitation aux hôtesses d’accueil. Souriantes, celles-ci leur remettent un sac de toile mode, égayé de trois bandes de couleurs orange, blanche et rose masquant aux trois quarts un fond noir tamponné des logos du salon et de son partenaire principal. Munis de cet accessoire de bienvenue adapté au port en bandoulière, les visiteurs pénètrent dans l’immense chapiteau installé sur le front de mer (« Harbourfront ») du quartier Central de l’Ile de Hong Kong.
La première invitée arrive à votre stand, un visage rieur que vous connaissez de longue date. Ravie de ce geste d’amitié, vous vous empressez de l’accueillir. Vous lui présentez avec fierté la sélection éclectique des œuvres d’artistes chinois et européens que vous promouvez. Votre enthousiasme est contagieux. Conquise, votre amie radieuse vous souhaite « Dihm gwo lūk je ! » (掂過碌蔗) littéralement « mieux fait qu’une canne à sucre ! ». Il se peut qu’à première vue (ou écoute), le lien entre la plante sucrière et la tenue de votre exposition ne vous saute guère aux yeux. Pour le saisir, le décorticage de cette expression imagée à référence bucolique, employée essentiellement par les Hongkongais, s’impose.
Le mot Dihm (掂) provient de l’exclamation typiquement cantonaise « Gáau dihm ! » (搞掂) signifiant « C’est fini ! » exprimant le soulagement, la joie d’avoir achevé un travail. « Gwo » joue ici le rôle d’adverbe de comparaison. Il est suivi de « lūk, » le classificateur grammatical utilisé pour désigner ce qui est à la fois dur et long, étroit, en forme de bâton, à l'instar de la « je » qui désigne la canne à sucre. Justement, c’est dans son allure droite et allongée que réside la clé de l’énigme « Dihm gwo lūk je ! ». Cette évocation appelle de ses vœux une réussite sans accrocs, sans détours, sans rencontrer d’embûches le long du chemin menant au succès, à l’image des hautes tiges du végétal cité, aussi robustes que longilignes.
Cultivée en grande quantité dans le sud de la Chine, la « je » est très populaire à Hong Kong, au moins autant que la finalisation victorieuse d’un projet. Son jus au goût caramélisé fait le bonheur des dents sucrées tout en rafraîchissant le palais et l’organisme de ceux qui supportent mal l’inéluctable imprégnation de l’humidité tropicale : S’installant aux premières heures du printemps, l’atmosphère moite provoque un phénomène de chaleur corporelle excessive appelé « yiht hei » (熱氣, « air chaud »). La médecine chinoise traditionnelle traduit plutôt ce terme par « accumulation de chaleur interne, » causant un déséquilibre coupable de déclencher de multiples symptômes gênants, dont des maux de gorge, de l'acné, etc. Par souci de prévention, soucieux « d’évacuer le trop plein de leur humidité interne » (« heui sāp », 去濕), les habitants de Hong Kong ont l’habitude de boire sans modération les fameuses « lèuhng chàh » (涼茶). Ces « tisanes désaltérantes » aux vertus détoxifiantes, concoctées pour rafraîchir plaisamment, s’avèrent en outre moins amères que les potions d’herbes préparées par les médecins chinois traditionnels. Comme en France où l’on garde une poire pour la soif, dans la région de Canton, on met de côté une canne à sucre pour se désaltérer.
 
Par E.M. à Hong Kong 

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Photo : 21/03/2026 Marché de la ville de Daguan, Chine - ©Keih Saht Le
A Hong Kong, malgré un climat tropical favorable, la culture de la canne à sucre à des fins commerciales demeure marginale. Pourtant, son jus y est très populaire.

 
Lexique
« Dihm gwo lūk je ! » :
« Succès sans rencontrer d’embûches ! »
掂過碌蔗
Gáau dihm ! :
C’est fini !
搞掂
Gwo :
Adverbe de comparaison
過
Lūk :
Classificateur grammatical utilisé pour désigner ce qui est à la fois dur et long, étroit, en forme de bâton.
碌
Je :
La canne à sucre
蔗
Tòhng :
Le sucre
糖
Je tòhng :
Le sucre de canne
蔗糖
Yiht hei :
Phénomène de chaleur corporelle excessive
熱氣
Yiht :
Chaud
熱
Hei :
L’air
氣
Heui sāp :
Evacuer le trop plein d’humidité interne (de l’organisme)
去濕
Heui :
Aller
去
Sāp :
L’humidité
濕
Lèuhng chàh :
Tisanes désaltérantes et détoxifiantes conçues pour lutter contre les effets indésirables de l’humidité.
涼茶
Lèuhng chàh pou :
Echoppe vendant les « lèuhng chàh »
涼茶舖
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Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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