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A Hong Kong, l’eau réveille l’argent qui dort

9/11/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Yáuh chín sái dāk gwái tēui mòh » - « La richesse convainc le fantôme de tourner la meule »
Vous sortez des loges de l’hippodrome légendaire de Happy Valley (Páau máh déi, 跑馬地) des étoiles plein les yeux. Quelle ambiance galvanisante ! Ce mercredi est aussi hippique qu’épique. Après avoir parié sur des chevaux perdants cinq fois d’affilée, vous avez enfin pris la peine de mieux vous renseigner sur les coursiers favoris. L’effort s’est avéré payant. Pour la dernière course, vous avez misé sur le destrier victorieux. Maintenant, observant les joueurs professionnels compter leurs gains, vous vous prêtez au rêve d'avoir empoché le jackpot. Comment le dépenseriez-vous ? « L’argent ne fait pas le bonheur ; mais il faut avouer qu'il le facilite beaucoup » dites-vous, partageant un bout de votre songerie avec votre compagnon de jeu Hongkongais. Il vous répond : « Yáuh chín sái dāk gwái tēui mòh, » littéralement, « être fortuné permet de convaincre le fantôme de faire tourner la meule. » Autrement dit, contre finances, il est possible de demander à n’importe qui n’importe quel service (légal ou illégal) puis celui-ci sera exécuté. Être riche (« yáuh chín », 有錢) rend tout puissant, conférant même le pouvoir de persuader les fantômes (« gwái », 鬼) de pousser les anciennes meules en pierre (« mòh », 磨) extrêmement lourdes, qui servent à moudre riz et haricots.
Pour sa part dépourvue de cynisme, l’exclamation « Daaih bá chín lā ! », équivalente à « Que d’argent ! », exprime une franche admiration à l’observation d’une accumulation de richesse. Elle s’emploie pour décrire, par exemple, le trésor constitué par le célèbre milliardaire, Li Ka-shing (李嘉誠), surnommé « Superman Li » (« Li chīu yàhn », 李超人), dont la première entreprise a été l’ouverture, en 1950, d’une usine de fleurs en plastique. Aujourd’hui, le défi de ses successeurs est d’éviter un revers de fortune. A en croire le proverbe « Fu bāt gwo sāam doih » (富不過三代), signifiant « le patrimoine ne survit pas à trois générations, » leur route sera pavée d’embûches.
Loin d’avoir toujours raison, les dictons ne justifient pas d’aller noyer son chagrin en jouant sa chance aux casinos de Macao, au risque de se retrouver « móuh séui » (冇水), « sans le rond », « complétement fauché ». « Móuh » se traduit par « ne pas avoir » tandis que « séui » prend tantôt le sens « d’argent », tantôt celui « d’eau ». Cette interchangeabilité viendrait de la discipline du Feng Shui (Fūng Séui, 風水), très influente à Hong Kong, affirmant que l’eau et l’argent, dotés de traits de caractère similaires, vont de pair. L’eau - sans laquelle la vie n’existe pas – attirerait l’argent, dont la circulation favoriserait les occasions de s’enrichir. Sa stagnation, au contraire, signalerait une panne d’activité économique, voire une disette. Après avoir pris connaissance de ce principe millénaire, on comprend mieux pourquoi les Hongkongais s’effraient peu des pluies diluviennes et, même, relativisent les fuites d’eau soudaines des climatiseurs surmenés, annonciatrices de futurs gains en capitaux.
 
Par EM à Hong Kong

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Photo : 26/09/2019 Hippodrome de Happy Valley, Ile de Hong Kong - ©Keih Saht Le
Une soirée à l’hippodrome de Happy Valley (Páau máh déi, 跑馬地)
A Happy Valley, la saison des courses, que se tiennent habituellement chaque mercredi soir, vient de rouvrir (le 10 septembre 2025).
https://racingnews.hkjc.com/english/2025/09/10/dbs-x-manulife-million-challenge-opening-ceremony-photo-release-happy-wednesday-starts/

Demandez le programme :
https://racingnews.hkjc.com/english/
Hong Kong dispose de deux hippodromes, celui de Sha Tin (Sā Tìhn, 沙田) en activité depuis 1978, et celui, ouvert en 1846, de Happy Valley. En Cantonais, celui-ci s’appelle « Páau máh déi » (跑馬地), signifiant mot à mot « terrain de courses de chevaux », éloigné du nom Anglais de l’hippodrome provenant de l’appellation de son propre district, Happy Valley : Ce nom de l’ancienne époque coloniale se réfère, avec une pointe d’humour noir, aux cimetières du même quartier dédiés aux Britanniques décimés par la malaria dans les années 1840. Jadis, cette zone entourant la « Wong Nai Chung » (Wòhng nàih yúng, 黃泥涌), c’est-à-dire la « Rivière jaune et boueuse », était insalubre. Depuis, la rivière fautive a été détournée et Happy Valley est devenu un quartier résidentiel où il fait bon vivre.


Lexique
Yáuh : Avoir, il y a
有
Chín :
Argent
錢
Sái dāk :
Pouvoir faire
使得
Gwái :
Fantôme
鬼
Tēui :
Pousser (pousser la porte)
推
Mòh :
Meule
磨
Séui :
Eau, argent
水
Móuh :
Ne pas avoir
冇
Móuh séui :
Ne pas avoir un rond, être fauché / Il n’y a pas d’eau
冇水
Yáuh séui :
Avoir de l’argent, être riche / Il y a de l’eau
有水
Chòih :
Richesse
財
Daaih bá :
Beaucoup
大把
Bāt :
Ne pas (Signifie la négation)
不
Gwo :
Traverser, passer, expérimenter
過
Sāam :
Trois
三
Doih :
Génération
代
Fu :
Richesse, patrimoine
富
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Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. à Hong Kong, dédie son talent de joaillière à la création de bijoux porteurs de sens

8/28/2025

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ENTREVUE : Intuitive et ingénieuse, dotée du regard inspiré de l’artiste et de l’œil aiguisé de l’experte, Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶), s’est entretenue avec Keih Saht Le pour révéler comment la haute joaillerie de Hong Kong autour des diamants, des pierres naturelles précieuses et fines, du jade et des perles continue de faire rêver. Elle lève aussi le voile sur les aspirations de sa clientèle chinoise, soucieuse d’attacher à sa quête du Beau une dimension de transmission, un vœu de souvenir éternel et de prospérité.
Animée par deux passions, le dessin et la contemplation des pierres naturelles, Maggie Ma, diplômée de la Gemmological Association of Great Britain (Gem-A) dont elle est Diamond Member, est forte de 30 ans d’expérience dans la conception de bijoux. La professionnelle a travaillé pendant près de 20 ans pour une maison américaine basée au Port au Parfum avant de fonder en 2013, avec son époux, sa propre enseigne Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶). Généreuse, Maggie Ma s’implique dans le bien-être de la communauté locale en participant à de nombreuses opérations caritatives dans le cadre de son club Rotary.

Photos ci-dessus : 13/08/2025 Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. / Violets Jewellery Co., Tsim Sha Tsui  ©Keih Saht Le
Introduction
L’honnêteté, joyau des joyaux
Hong Kong conserve sa place d’acteur majeur de l’industrie joaillière malgré les aléas conjoncturels caractérisant la période d’après Covid, marquée par le ralentissement d’activité du Continent chinois. L’année dernière, le Port au Parfum demeurait le premier exportateur mondial de perles (importées du Japon, d'Inde, d'Australie et de Chine continentale), de pierres précieuses et semi-précieuses. La Région administrative spéciale de Chine est reconnue comme producteur de premier plan de bijoux en jade (bracelets, bagues, pendentifs). Selon les derniers chiffres publiés par le Hong Kong Trade Development Council (HKTDC), en 2024, les exportations en haute joaillerie s’y sont élevées à 80,5 milliards HKD, soit 91,6 % des exportations totales de bijoux de Hong Kong (le solde correspondant à de l’export de joaillerie d’imitation).
Notons que la France a contribué à 3,8 % de ces exportations (une contribution en croissance de 17 % par rapport à 2023), loin derrière les Etats-Unis détenteur d’une part de marché de 20,7 % (en hausse de 11 % par rapport à 2023). Les objets les plus populaires continuent d’être les bijoux sertis de pierres précieuses. Localement, les ventes de bijoux, de montres et d'objets de valeur se sont établies à environ 51,3 milliards de HKD (en 2024), bénéficiant surtout de l’appétit des touristes. La compétence des fabricants hongkongais « en sertissage et leur capacité de conception sont compétitives par rapport aux fabricants européens, » conclut le HKTDC. Même si des procédés de fabrication des articles en or se sont déplacés vers le Continent chinois (Shenzhen, Panyu, Lunjiao), Hong Kong dispose encore d’une main-d'œuvre hautement qualifiée qui exerce dans ses usines de pointe.
S’il fallait citer une ombre au tableau, ce serait la contrefaçon. Lors de la foire Jewellery & Gem ASIA Hong Kong (JGA), qui se tenait au Hong Kong Convention and Exhibition Centre de Wan Chai, les douanes ont par exemple saisi (le 20 juin 2025) 50 pièces de bijoux suspectées d'être contrefaites (exposées sur trois stands) d'une valeur marchande totale estimée autour de 150 000 de dollars. Sur le terrain, les arnaques sont légion : La circulation de pierres précieuses synthétiques et simulées usant de méthodes de plus en plus pointues complique la séparation du bon grain de l’ivraie. Dans cette jungle, il est primordial de faire appel aux services d’un joaillier de confiance. Son honnêteté constitue un bien d’une valeur inestimable.


Photo
13/08/2025 Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. / Violets Jewellery Co., Tsim Sha Tsui ©Keih Saht Le

Entretien avec Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶)

Comment la passion du dessin vous a-t-elle conduite à la haute joaillerie ?

Juste après le lycée, j’ai réalisé un stage qui m’a amené à travailler pendant deux ans chez un bijoutier de Hong Kong en qualité d’assistante de ventes. Au cours de cette expérience, j’ai aussitôt été attirée par la partie création du métier qui m’offrait la liberté d’utiliser mes crayons, d’exprimer mon sens artistique. Je me suis donc inscrite aux cours du soir d’un institut technique en conception de bijoux. Je venais de trouver ma voie, le métier qui serait celui de toute ma vie.

D’où vient votre fascination pour le diamant et les pierres naturelles ?
Lors de ma première expérience en bijouterie, j’ai d’emblée été fascinée par les pierres naturelles. J’ai eu un coup de foudre pour les diamants. J’ai été subjuguée par leur splendeur, leur brillance caractéristique, leurs reflets de lumière vifs parfois colorés. Songer à l’origine de cette gemme venant des profondeurs de la Terre, transportée à la surface grâce à des éruptions magmatiques, ne cesse de m’émerveiller. Le diamant est le minéral le plus pur et le plus dur que l’on puisse trouver dans la nature, contenant généralement 99,95 % de carbone (piégé dans la Terre à la formation de celle-ci) voire jusqu’à 99,99 %. La cristallisation naturelle des plus anciens diamants se serait produite il y a 3,5 milliards d’années environ, provoquée par des températures comprises entre 900 et 1 300 degrés Celsius combinées à une pression de 725 000 livres par pouce carré. Seulement une cinquantaine de mines permettent de les extraire. La beauté du diamant n’a d’égale que sa rareté, justifiant sa cherté.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je m’inspire de la féérie de la nature, des fleurs, des arbres, des animaux. L’observation de l’architecture aussi instille de nombreuses idées. Par exemple, j’ai créé une bague autour d’un diamant vert représentant le stade national de Pékin construit (pour les jeux Olympiques de 2008) en forme de nid d’oiseau. Ma curiosité est en éveil permanent. Étant Hongkongaise, je bénéficie à la fois de la connaissance de la culture chinoise et de l’exceptionnelle ouverture internationale du Port au Parfum. Grâce à cette position unique, je suis rapidement au fait des modes et innovations.

Photos ci-dessus  : Bague conçue autour d’un diamant vert représentant le stade national de Pékin en forme de « nid d’oiseau » / Création de Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. ©Violets Jewellery Co.
Quelle est l’origine du nom Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶) ?
Après avoir exercé pendant vingt ans dans un groupe de joaillerie américain basé à Hong Kong, pour moi, la création en 2013 de ma propre enseigne indépendante était une étape décisive de ma carrière. Afin que notre maison soit lancée avec succès et qu’elle vive longtemps sous les meilleurs auspices possibles, mon époux et moi avons demandé à un Maître Feng Shui (En savoir plus sur le Feng Shui : https://www.keihsahtle.com/accueil/entrevue-avec-raymond-lo-grand-maitre-feng-shui) de nous proposer 3 noms. Parmi eux, nous avons choisi la combinaison 紫斐珠寶 (« Jí féi Jyū bóu »), le caractère 紫 signifiant « violet » une couleur que j’affectionne particulièrement, le caractère 斐 traduit par « gracieux » et 珠寶 pour « bijouterie » ou « perles et bijoux ». En Chine, la couleur violette symbolise l’immortalité et la divinité. A l’époque moderne, elle indique aussi l’amour et la romance. Cette évocation correspond à ma volonté d’accompagner tout un chacun dans les étapes mémorables de sa vie. Trois thèmes me sont chers, l’engagement en proposant des bagues de fiançailles ou de mariage, la célébration de l’amour avec des bijoux d’anniversaire (qui peuvent être portés chaque jour ou lors d’occasions spéciales) et la transmission avec des objets de valeur susceptibles d’être légués de génération en génération. Le logo de Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶), quant à lui, évoque mon attachement au diamant grâce au dessin de la gemme taillée avec sa table, l’ensemble formant une fleur épanouie.

Restaurez-vous des bijoux anciens ?
Je raffole des bijoux anciens et j’en vends. Je les restaure également. En réalité, lorsqu’ils commandent une restauration, les clients locaux attendent une transformation plutôt qu’une réparation à l’identique. Ils souhaitent une adaptation du bijou à leur taille pour le porter au lieu de laisser dans un coffre, ainsi qu’une rénovation dans l’air du temps : Tout en se souciant des coutumes, les Hongkongais rêvent de modernité. Ces requêtes sur-mesure sont de véritables défis de créativité. D’abord, il faut comprendre parfaitement les objectifs de la « rénovation-métamorphose » souhaitée puis soumettre une proposition réaliste en fonction du budget à disposition. Quoi qu’il en soit, avant toute chose, nous vérifions l’authenticité des gemmes apportées. Il serait insensé d’engager d’importantes dépenses de sertissage pour du faux ! Si nécessaire, je sais sourcer, sur demande, de magnifiques pierres précieuses venant de fournisseurs de confiance, des diamants d’Afrique du Sud et d’Inde, des saphirs du Sri Lanka, des rubis de Myanmar, des émeraudes de Colombie et de Zambie, etc.

Photos ci-dessus : Créations de Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. ©Violets Jewellery Co.
Quelles sont les aspirations de la clientèle de Hong Kong ?

Plus que la valeur pécuniaire, notre clientèle majoritairement locale – composée de Chinois du Continent en moindre proportion – souhaite insuffler du sens aux bijoux qu’elle porte et dont elle fait cadeau. En jouant sur le choix des motifs et des gemmes, en y incorporant des symboles issus de la culture chinoise ou de l’expertise Feng Shui, nos clients veulent joindre des vœux de prospérité, de fortune, d’opulence, de bonne santé, d’amour éternel, de bonheur et de protection. Qu’elles soient offertes à des proches, transmises à d’autres générations, ces œuvres d’art personnalisées doivent être, au-delà du souvenir, le vecteur indéfectible, immortel, de toutes ces aspirations.

Quel regard portez-vous sur les diamants de laboratoire ?
Les diamants synthétiques, fabriqués rapidement en laboratoire, sont des produits de masse bien distincts des diamants naturels recherchés pour leur rareté. Leurs attributs diffèrent, comme leur valeur. Très éloignés des prix des diamants naturels, les prix des diamants de laboratoire ont beaucoup baissé sur le marché de gros. Soucieux de mieux expliquer aux consommateurs la différence entre les deux types de diamants, pour caractériser les diamants synthétiques, le Gemological Institute of America (GIA) a récemment décidé de ne plus se servir de la nomenclature de couleur et de pureté qu’il avait développée pour les diamants naturels. Un autre système sera utilisé, classant les diamants de laboratoire « premium » ou « standard », en fonction d’une combinaison de critères liés à la couleur, à la pureté et à la finition. Le International Gemological Institute (IGI), en revanche, continue de classer les diamants de laboratoire (représentant 54 % de son activité de certification) à l’aide des mêmes critères universels « 4C » que ceux appliqués aux diamants naturels. Force est de constater que le marché synthétique des diamants et des pierres remporte un fort succès auprès des jeunes qui n’ont plus besoin de casser leur tirelire pour porter des bijoux. Qui sait, ce premier achat leur donnera-t-il l’envie d’acquérir, par la suite, une pierre naturelle ?

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13/08/2025 Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. / Violets Jewellery Co., Tsim Sha Tsui ©Keih Saht Le
Formez-vous aux métiers de la joaillerie ?
J’éprouve un immense plaisir à partager ma passion. Lorsque l’entreprise américaine pour laquelle je travaillais a ouvert une usine en Chine continentale, j’ai été chargée de former toute son équipe basée sur place. Cela a été une expérience extrêmement enrichissante. A la fin des années 1990, le Continent, qui ne disposait pas encore de tous les savoir-faire dans la production de bijoux, s’est ouvert, convaincant nombre de fabriques hongkongaises d’y migrer. Pour autant, des usines spécialisées de pointe demeurent à Hong Kong. Elles se consacrent à la taille de précision des diamants, des pierres précieuses naturelles et du jade. Aujourd’hui, nous manquons cruellement de jeunes attirés par les métiers de l’artisanat. Il faut les y encourager ! Je m’y emploie donc en intervenant dans les lycées. J’organise aussi des ateliers de formation-sensibilisation dans mon magasin. J’explique aux jeunes quels sont les différents métiers liés à la filière. J’aide aussi les étudiants à s’orienter en fonction de leurs prédilections, à savoir où postuler pour se former à Hong Kong ou à l’international.

Envisageriez-vous un partenariat avec la France ?
Avec plaisir ! Je serais ravie de développer des échanges dans la conception (« design ») de bijoux sertis de pierres précieuses. Dans ce domaine, la culture française que je connais encore peu est si riche. Une telle collaboration permettrait de démultiplier les sources d’inspiration. Ajouter avec élégance une touche culturelle chinoise aux bijoux « accessoires » dédiés à la haute couture est une piste qui mériterait aussi d’être explorée.

Par EM à Hong Kong

La renaissance du papillon de jade
A la demande d’un client, Maggie Ma a restauré et transformé un ancien papillon de jade tombé dans l’oubli. Prenant à nouveau son envol, celui-ci peut désormais être porté en deux pièces distinctes, en broche ou en pendentif, ou, en une seule pièce représentant un papillon épanoui.
Photos ci-dessus : La transformation du papillon de jade par Maggie Ma, fondatrice de Violets Jewellery Co. ©Violets Jewellery Co.

Contacter Maggie Ma :
https://www.violetsjewellery.com/pages/contact
(+852) 3580 0301
Adresse de la bijouterie Violets Jewellery Co. (紫斐珠寶) :
Shop 67&75 Houston Centre 63 Mody Road,
Tsim Sha Tsui, Kowloon, Hong Kong
(A deux minutes du métro Tsim Sha Tsui, sortie P1 ou P2)


Entrevues : https://www.keihsahtle.com/entrevues.html
Arts et célébrités : https://www.keihsahtle.com/arts-et-celebrites.html

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A Hong Kong, la sobriété énergétique prend des vacances d’été

8/21/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Dung bīng bīng » - « Quel froid glacial ! »
30 degrés Celsius, 90 % d’humidité à l’ombre des banians. Dans quelques heures, le typhon atterrira sur la ville. Il faut sortir braver la chaleur moite pour s’adonner à quelques courses de survie. Avant de claquer la porte de chez vous, n’oubliez pas d’emporter une petite laine. Après 5 minutes de marche dans la fournaise, lorsque vous franchirez la porte de votre centre commercial favori, vous vous écrierez, « Dung bīng bīng ! » - « Quel froid glacial ! ». « Dung » (凍) signifie « froid » et « bing » (冰), « la glace », répétée deux fois, insiste sur le ressenti de gel polaire. Saisi par le contraste entre l’étuve extérieure et l’ambiance sibérienne de l’intérieur, claquant des dents à cause de la chute brutale de température subie – 10 degrés environ -, vous vous couvrirez en hâte.
Si vous travaillez à Hong Kong depuis quelques temps, habitué aux bureaux à la climatisation réfrigérante commune à chaque étage, et par conséquent non régulable, vous enfilerez votre « láahng hei sāam » (« láahng hei » 冷氣 pour « climatiseur », « sāam » 衫 pour « vêtement »), c’est-à-dire votre « vêtement anti-climatisation ». C’est ainsi que cette protection (veste rembourrée ou matelassée), nécessaire à la survie de ceux qui évoluent dans les multiples glacières de la cité, s’appelle localement. La compléter par un bonnet et une couverture pour s’installer à son aise dans les salles de cinéma ne relève pas toujours du superflu. N’exagérons pas : dans certains restaurants, ainsi que dans les taxis, si vous demandez poliment à réduire l’intensité de la ventilation, « Mh gōi, láahng hei sai dī », votre souhait sera exaucé avec gentillesse.
Pourquoi, contrairement au précepte de la médecine chinoise traditionnelle d’éviter les chocs thermiques, les climatiseurs fonctionnent-ils à plein régime, surtout dans les galeries marchandes ? D’abord, parce qu’en raison de la cherté de l’électricité, souffler de l’air frais sans modération démontre au promeneur, consommateur potentiel, qu’il se balade effectivement au cœur d’un espace luxueux. La seconde explication en est la bataille livrée contre les moisissures aux aguets, toujours prêtes à prendre leurs quartiers, fléau associé à l’humidité tropicale du Port au Parfum. Malgré le risque d’invasion des champignons honnis, il arrive souvent que les portes des centres commerciaux soient laissées grandes ouvertes, un gaspillage d’énergie additionnel délibéré au motif que certains refusent de toucher les poignées, de peur d’attraper un quelconque microbe.
Lorsque l’hygrométrie atteint son apogée, les Hongkongais qualifient leur climat de « sāp laahp laahp », « d’humide à étouffer », comportant « sāp pour « humide » et « laahp laaph » sans signification particulière, avec pour seul objectif d’imiter, par un truchement phonétique, l’effet de la vapeur qui, telle la glue, colle à la peau. Sur le même modèle, « chī lahp lahp » se traduit par « poisseux » ou poisseuses comme, par exemple, vos mains pleines de restes d’une boulette de riz gluant fourrée aux jaunes d'œufs de canard salés (« jung jí », en général cuisinée lors du festival des bateaux-dragons) que vous venez de dévorer.
Basse latitude oblige, il est plus courant d’entendre les habitants de Hong Kong se plaindre de la canicule que de la froidure. « Yiht laaht laaht ! », littéralement « chaud épicé épicé ! », s’exclameront-ils pour décrire l’été torride, mais aussi un plat brûlant, un thé bouillant. Dans ce cas de figure, certains, fort ingénieux, sortiront le ventilateur de poche (« fūng sin jái », 風扇仔) dont ils se séparent rarement, puis l’approcheront de leur breuvage afin qu’il refroidisse rapidement (Cf photo ci-dessous). A chacun son thermostat.

Par E.M. à Hong Kong

Photo
Photo : 29/07/2025 Central, Pacific Coffee, Ile de Hong Kong - ©Keih Saht Le
Lexique
Dung : Froid
凍
Bīng :
Glace, glacé
冰
Fūng sin :
Ventilateur
風扇
Fūng sin jái :
Ventilateur portatif
風扇仔
Sin:
Eventail
扇
Láahng hei :
Air frais, air venant du climatiseur
冷氣
Láahng hei sāam :
Vêtement anti-climatisation
冷氣衫
Mh gōi :
S’il vous plait
唔該
Sai :
Fin, un peu
細
Sai dī :
Plus fin, plus faible / moins fort
細啲
Mhgōi, láahng hei sai dī :
S’il vous plaît, pouvez-vous réduire l’intensité de l’air conditionné ?
唔該冷氣細啲
Sāp laahp laahp :
Extrêmement humide
濕立立
Sāp :
Humide
濕
Chī lahp lahp :
Poisseux, collant
黐立立
Yiht laaht laaht :
Brûlant, bouillant, extrêmement chaud
熱辣辣
Yiht :
Chaud
熱
Laaht :
Epicé
辣
Tūng fūng :
Circulation de l’air
通風

Photo
Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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« Hong Kong Shifts » transmet l’histoire des travailleurs vaillants du Port au Parfum

6/6/2025

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LIVRE : Le duo formé de Cynthia Cheng, qui manie une très belle plume, et de Maxime Vanhollebeke, jouant avec dextérité de ses talents de photographe, signe une œuvre aussi originale qu’émouvante.
Dans une démarche humaniste, les auteurs de « Hong Kong Shifts, stories from the streets of Hong Kong » (« Quarts de Hong Kong, histoires des rues de Hong Kong ») capturent avec brio la quintessence de la vie des travailleurs du Port au Parfum, ces hommes et ces femmes qui travaillent sans relâche, aussi discrets qu’indispensables au fonctionnement harmonieux de la cité. Les lecteurs en quête de témoignages authentiques se réjouiront de tourner les pages de ce livre exceptionnel (publié en juillet 2024) qui sort des sentiers battus. Une fois n’est pas coutume, l’humain, photographié et raconté, vole la vedette à l’architecture hétéroclite de la ville, à sa densité à donner le vertige, à ses échafaudages en bambous qui sont habituellement pris en photo.

Photo 1 : Couverture du livre Hong Kong Shifts ©Hong Kong Shifts
Photo 2 : Cynthia Cheng et Maxime Vanhollebeke ©Bradley Aaron

La photographie de Maxime Vanhollebeke a, quant à elle, le don de révéler la lumière particulière émanant de la personnalité de ceux qui acceptent de se prêter à son jeu, ôtant leur masque au sens figuré comme au sens propre. Comblant notre curiosité soudain réveillée, l’écriture accompagnatrice de Cynthia Cheng – en Anglais et en Cantonnais -, pétillante, invite à une rencontre plus en profondeur de ces personnages jusqu’à présent rarement dévoilés, pourtant aussi valeureux que clairvoyants.
La réussite de l’ouvrage « Hong Kong Shifts », haut en couleur et reflet de la puissante énergie vitale hongkongaise, vient sans conteste de la créativité astucieuse des deux auteurs. Elle est aussi le fruit d’une complicité qui s’est instaurée au fur et à mesure de leur exploration commune des quatre coins de la Région Administrative Spéciale (Ile de Hong Kong, Kowloon, Nouveaux Territoires, Lantau Sud, Discovery Bay, Cheung Chau, Lamma, etc). Ce cheminement épique les a parfois conduits au-delà de leur zone de confort tandis que, de temps à autre, l’épidémie de Covid battait son plein.
Cynthia Cheng se souvient de la naissance du projet : « C’était en 2019. Maxime et moi travaillions ensemble comme avocats. Maxime estimait beaucoup sa gardienne d’immeuble, Mei Fung (Beau Phénix, 美鳳), mais, ne sachant pas parler Cantonnais, se demandait comment engager la conversation avec elle. Alors, un dimanche, je suis venue les retrouver puis nous l’avons invitée à déjeuner au Chàh chāan tēng. (茶餐, café cuisinant les plats locaux). » A l’aise dans cette ambiance chaleureuse, Mei Fung a dépeint sa routine quotidienne, son métier, ses centres d’intérêt, sa famille, son enfance. Heureux de cette jovialité communicative, « nous avons réalisé, bien que nous ayons peu en commun dans notre vie de tous les jours, qu'une interaction humaine porteuse de sens ne nécessite souvent aucun autre dénominateur commun qu'un mélange de respect mutuel, de curiosité et de gentillesse. » C’est ainsi que l’aventure a commencé.

Photo 1 : Ling, 玲 , batelière de sanpam ©Hong Kong Shifts
Photo 2 : Tsing, 清, nettoyeur du port ©Hong Kong Shifts
Photo 3 : Kwun, 坤, tapissier de sièges de taxi ©Hong Kong Shifts

« Souvent, nous choisissions une station de métro au hasard puis explorions son quartier, » relate Maxime Vanhollebeke : « Même si nous ne trouvions pas tout de suite un représentant de la profession que nous espérions interviewer, nous ne rentrions jamais bredouilles. »  Sur l’île de Cheung Chau (長洲), par exemple, avant de faire la connaissance du pêcheur Gun (Racine, 根) à l’heure du soleil couchant, les deux explorateurs ont d’abord croisé la route du conducteur de véhicule VV, Tak (Vertu, 德), surnommé « Goldfish Tak » car, dans son enfance, il élevait des poissons rouges. Ils ont également eu la chance de discuter avec Sai (Élancé, 細), monteur d’échafaudage en bambous qui préfère installer les structures dédiées aux festivals, les trouvant « amusantes car elles me permettent d’être créatif et « freestyle » », explique-t-il : « Je n’ai pas peur des hauteurs, mais, lorsqu’on est tout là-haut, il faut se souvenir de ne pas regarder en bas – Regarder devant ! » Certaines personnalités ne cessent de se déplacer. « Dans ce cas, nous organisons des rendez-vous, » précise le photographe : « Cela a été le cas avec Jean, que nous avons retrouvée à Pui O ». Connue comme celle qui « chuchote à l’oreille buffalos, » Jean prend soin de ceux qui vivent au Sud de Lantau (嶼南) ». Chaque jour depuis 15 ans, elle leur apporte du foin, des pommes, des oranges, des pomélos et les soigne s’ils sont blessés.
Photo
©Hong Kong Shifts
Photo : Jean, qui murmure à l'oreille des buffalos ©Hong Kong Shifts
« Tout le monde a une histoire intéressante à raconter » observe Cynthia Cheng. Remarquant que s’adonner à la narration développe des facultés d’écoute, d’interaction avec son entourage et d’empathie, les deux auteurs ont fondé une plateforme sociale (« social impact platform ») qui anime des ateliers d’apprentissage en la matière. Ceux-ci ont lieu dans des écoles, dans des maisons de retraite, ou dans des entreprises. Les deux conteurs reçoivent aussi des commandes d’institutions, à l’image du Royal Hong Kong Yacht Club, qui souhaitent valoriser leurs employés en publiant leur parcours de vie en guise de reconnaissance. C’est ainsi qu’au-delà d’un précieux exercice artistique, « Hong Kong Shifts », témoin d’une époque, permet de rendre à César ce qui est à César.
 
Par E.M. à Hong Kong
 
Chronique simultanément publiée sur le site https://www.lessoireesdeparis.com/ édité par Philippe Bonnet


En savoir plus :
https://www.hongkongshifts.com/
Acquérir le livre : https://www.hongkongshifts.com/book

Comment participer à un atelier de narration
Entreprises : https://www.hongkongshifts.com/corporates
Associations caritatives : https://www.hongkongshifts.com/storytelling-for-good
Ecoles : https://www.hongkongshifts.com/schools


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A Hong Kong, la grande suée se superpose à la petite sueur

6/4/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Daaih hohn dihp sai hohn » - « Transpirer à grosses gouttes »
Frais comme un gardon, vous quittez la zone climatisée de la station de métro Sheung Wan (Seuhng wàahn, 上環), celle du quartier éponyme encadré par le district de Central (Jūng wàahn, 中環) à l’Est et par celui de Sai Ying Pun (Sāi yìhng pùhn, 西營盤) à l’Ouest.  Vous remontez les escaliers de la sortie A1 donnant sur la rue piétonne appelée tantôt Man Wa Lane (Màhn wàh léih,文華里), tantôt Chop Alley (Tòuh jēung gāai, 圖章街) en raison de ses multiples échoppes de  sceaux et d’imprimeurs. Ce petit effort matinal provoque une première gouttelette de sueur. Tandis que vous vous dirigez vers le début de la côte d’Aberdeen Street (Aap bā dīn gāai 鴨巴甸街), la chaleur humide propre au ciel plombé de la mi-juin hongkongaise s’affale sur vous. Pas une once de vent, l’atmosphère est « ai guhk » (翳焗), « suffocante ». Sans crier gare, des gouttes d’eau jaillissent de tous vos pores, dégoulinent le long de votre corps, s’échappent de vos mains, mouillant les marches escarpées que vous n’avez d’autre choix que d’escalader.
Pris au piège par l'étau de moiteur tropicale, vous atteignez, trempé, PMQ (元創方), l’espace (construit en 1862) anciennement réservé aux familles des policiers, dorénavant dédié à la promotion des artisans locaux et aux échanges artistiques internationaux. Sidéré que soyez venu ainsi à pied, sans même utiliser un climatiseur portatif, l’invité de votre rendez-vous, quant à lui habitué des saisons chaudes, observera, mi-moqueur mi-réprobateur, que vous « daaih hohn dihp sai hohn ! » (大汗疊細汗), c’est-à-dire que vous « suez abondamment ! » Inquiet que vous n’attrapiez froid à cause de la ventilation glacée de l’intérieur, il vous suggèrera d’explorer les toilettes publiques de l’étage pour vous nettoyer au plus vite de votre suée.
Mot à mot, « daaih hohn dihp sai hohn ! » signifie « une abondante transpiration s’ajoute à une légère transpiration », avec « daaih » (大) pour « grande, immense », « hohn » (汗) pour « transpiration », « sai » (細) pour « fine, mince » et « dihp » pour « s’ajouter, s’empiler, se superposer », verbe souvent remplacé aujourd’hui par « daahp », s’écrivant avec le même caractère 疊.
Cette expression s’entend fréquemment pour dépeindre quelqu’un qui fond à cause de la fournaise moite qui s'abat sur la région de Canton pendant tous les mois d’été, parfois même pendant ceux de l’automne. Cette tournure est usitée également pour décrire un état d’anxiété ou la conséquence d’une frayeur. Dans ce cas, « ngóh daaih hohn daahp sai hohn » se traduira plutôt par « j’en ai des sueurs froides », surtout si vous pensez devoir à nouveau grimper la pente raide d’Aberdeen Street, serré de près par les nuages de plus en plus bas de l’orage prêt à éclater.
 
Par EM à Hong Kong

Photo
Photo : 11/05/2024 PMQ (元創方), Hong Kong Island - ©Keih Saht Le
Lexique
Ai guhk : Etouffant, suffocant, chaud et humide, être comme dans un four
翳焗
Ai guhk décrit la sensation d’étouffement lorsqu’il fait chaud. Ce terme éventuellement argotique se traduit par « cuit ». Il est utilisé aussi pour décrire comment la chaleur et l’humidité des étés hongkongais peuvent entraîner des difficultés respiratoires.
Guhk :
Cuit, bouilli
焗
Daaih :
Grand, immense
大
Hohn :
Transpiration
汗
Dihp (daahp) :
S’ajouter, s’empiler, se superposer
疊
Sai :
Petit, fin, élancé
細


Supplément spécial « pluies diluviennes » :
Yúh : La pluie
雨
Saan : Parapluie
傘
Lohk saan :
Parachute
落傘
Bouh yúh :
Pluie très forte
暴雨
Lohk bouh yúh :
Il pleut très fort
落暴雨
Bouh :
Violent, cruel
Hēung Góng tīn màhn tòih : Hong Kong Observatory / Observatoire météo de Hong Kong
香港天文台
Faat chēut :
Emettre (une alerte ou un signal de forte pluie)
發齣
Seun houh :
Le signal
信號
Faat chēut seun houh :
Emettre un signal ou une alerte
發齣信號
Les trois signaux, jaune, rouge et noir. L'alerte noire est la plus forte.
Wòhng : Jaune
黃
Wòhng yúh :
Pluie jaune
黃雨
Wòhng yúh seun houh :
L'alerte pluie jaune
黃雨信號
Hùhng :
Rouge 
紅
Hùhng yúh :
Pluie rouge
紅雨
Hùhng yúh seun houh :
L'alerte pluie rouge
紅雨信號
Hāk :
Noir
黑
Hāk yúh :
Pluie noire
黑雨
Hāk yúh seun houh :
L'alerte pluie noire
黑雨信號
Hēung Góng tīn màhn tòih faat chēut wòhng yúh seun houh :
Le Hong Kong Observatory a émis l'alerte pluie rouge.
香港天文台發齣黃雨信號
En cas de typhon :
Hēung Góng tīn màhn tòih wui gwa baat houh fūng kàuh : Le Hong Kong Observatory accroche le signal T8
香港天文台會掛八號風球
Voir supplément « typhon» : 
https://www.keihsahtle.com/accueil/a-hong-kong-les-pluies-battantes-transforment-en-poulet-tombe-dans-la-soupe
Gwa : Accrocher (uniquement pour les signaux concernant les typhons, en ce qui concerne la météo)
掛

Photo
Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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A Hong Kong, les pluies battantes transforment en « poulet tombé dans la soupe »

5/19/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Lohk tōng gāi » – « Trempé jusqu’aux os »
Insouciant, vous sortez de chez vous, sifflotant, les mains dans les poches. Une brise légère adoucit la sensation de moiteur qui escorte la saison des pluies. Longeant Caine Road (堅道, Gīn douh), vous admirez, à votre gauche, la végétation touffue qui enlace le bâtiment style édouardien du Hong Kong Museum of Medical Science (Musée des sciences médicales de Hong Kong). Des branches de banian s’en échappent, pointant vers les nuages en train de s’amasser au-dessus d’elles. En bifurquant pour emprunter les escaliers à pic qui mènent à Staunton road (士丹頓街, sih dāan deuhn gāai), vous frôlez l’une des tables disposées sur la terrasse improvisée du chàh chāan tēng (茶餐, café hongkongais décontracté proposant les plats locaux) de quartier. Une première goutte de pluie trébuche sur votre joue. Ancré dans l’optimisme, vous faites la sourde oreille à cet avertissement et poursuivez votre route. Soudain, alors que vous n’avez plus nulle part où vous abriter, des trombes d’eau s’abattent sur vous. Pris de court par ce déchaînement brutal des éléments, démuni car vous avez laissé votre parapluie à la maison, vous maugréez : « Lohk gáu sí ! » (落狗屎), mot à mot, « Il tombe des merdes de chien ! », équivalant en Français à « Il pleut comme vache qui pisse ».
Maintenant, vous êtes trempé jusqu’aux os. Si un piéton Hongkongais vous croisait et remarquait de surcroît votre mine déconfite, il vous décrirait, narquois, comme « un poulet tombé dans la soupe », « léih bin jó yāt jek lohk tōng gāi » (你變咗一 隻落湯鷄). « Léih bin jó » signifie « Vous êtes transformés en », « lohk » tomber, « tōng » soupe, et, « gāi » poule (ou poulet), aux plumes réputées pour être moins imperméables que celles des canards. Pourquoi le volatile en question (qui ne sait pas nager) tombe-t-il dans la soupe et non dans une mare, par exemple ? Parce que dans la région de Canton, Hong Kong inclus, la soupe chaude, bue quotidiennement, tient une place presque aussi fondamentale que celle de l’eau. Cuisinée différemment selon les saisons en suivant les préceptes de la médecine chinoise, celle-ci contient des ingrédients réputés bons pour la santé. Il existe d’ailleurs un terme cantonnais spécifique pour indiquer que l’on « cuisine la soupe » : « Bōu tōng » (煲湯).
Morale de l’histoire, pendant la période des averses, qui dure de juin à octobre, il est recommandé de jeter un coup d’œil sur les alertes météos locales avant de sortir, surtout avant d’aller randonner. D’autant plus que la rumeur raconte que « le changement climatique planétaire », le « chyùhn kàuh hei hauh bin fa » (全球氣候變化), conduit à des perturbations de plus en plus extrêmes et imprévisibles.
 
Par EM à Hong Kong


Afin de recevoir les alertes météos de Hong Kong, chargez l’application du Hong Kong Observatory (https://www.hko.gov.hk/en/index.html) – (Hēung Góng tīn màhn tòih, 香港天文台)
Photo
Photo : 20/12/2020 Deep Water Bay après l'orage, Hong Kong Island - ©Keih Saht Le
Lexique :
Hēung Góng tīn màhn tòih : Observatoire météo de Hong Kong (Hong Kong Observatory) 
香港天文台
Hēung Góng : Hong Kong
香港
Tīn màhn tòih :
Observatoire météo
天文台
*Tīn màhn :
Météo, astronomie
天文
*Mot à mot, le langage (màhn, 文) du ciel (Tīn, 天).
Lohk daaih
yúh : Il pleut des cordes
落大雨
Lohk :
Tomber, descendre
落
Daaih :
Grand
大
Yúh : La pluie
雨
Gáu :
Le chien 
狗
Sí :
L’excrément
屎
Tōng :
La soupe
湯
Gāi :
La poule, le poulet
鷄
*Bōu tōng :
Cuisiner la soupe
煲湯
* En savoir plus sur la médecine chinoise traditionnelle : https://www.keihsahtle.com/accueil/prof-michelle-law-pui-man-docteur-au-coeur-du-renouveau-de-la-medecine-chinoise
Kàuh :
Le ballon, la balle
球
Deih kàuh :
La planète, la terre
地球
Hei hauh :
Le climat, la situation climatique
氣候
Bin fa :
Le changement, la transformation
變化
Bin :
Changer, transformer
變
Sā chàhn bouh :
La tempête de sable et de poussière venant du Nord
沙塵暴
Sā :
Le sable
沙
Chàhn :
La poussière
塵
Bouh :  
Violent, cruel
暴
Daaih fūng : Les vents forts
大風
Fūng :
Le vent
風

Supplément spécial « saison des typhons » :
Tòih fūng : Le typhon
颱風
Dá fūng :
Venter très fort, tempêter
打風
Kèuhng tòih fūng :
Typhon violent (« severe typhoon »)
強颱風
Chīu Kèuhng tòih fūng :
Typhon extrêmement violent (« super typhoon »)
超強颱風
Les signaux importants : 
T3 - Sāam houh fūng kàuh :
Signal T3 pour des vents forts, parfois annonciateurs de l’arrivée d’un typhon
三號風球
Sāam :
Trois
三
Houh :
Numéro
號
T8 - Baat houh fūng kàuh :
Signal T8 de l’arrivée d’un typhon, recommandant de rester à l’intérieur
八號風球
Baat :
Huit
八
* Habituellement, kàuh (球) signifie la balle (ou quelque chose de rond, comme, par exemple, la planète). Dans le contexte d’une annonce de typhon par le Hong Kong Observatory, kàuh signifie l’alerte, le signal, à l’image d’un ballon accroché au-dessus de la ville afin que tous puissent le voir et être alertés.
Gwa :
Accrocher, mettre en place
掛
Hēung Góng tīn màhn tòih gwa sāam houh fūng kàuh. : L'observatoire météo de Hong Kong accroche le T3. 
香港天文台掛三號風球
Hēung Góng tīn màhn tòih gwa baat houh fūng kàuh. : L'observatoire météo de Hong Kong accroche le T8. 
香港天文台掛八號風球
Photo
Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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A Hong Kong, la lumière et l’ombre filent comme une flèche

5/16/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Gwōng yām chíh jin ! » - « Que le temps passe vite ! »
Tandis que le coucher de soleil flamboyant tire sa révérence, la nuit s’apprête à envelopper la plage de South Bay (Nàahm wāan, 南灣). Une gentille famille de sangliers sort à petits pas assurés de la forêt tropicale luxuriante qui offre, suivant la position de la terre par rapport au soleil, de précieux filets d’ombre aux baigneurs. Voici que la laie et ses six marcassins bifurquent devant la cabine des sauveteurs puis trottinent, à la queue leu leu, en direction des poubelles adossées au cabanon à glaces. L’heure est venue d’en récupérer le menu fretin abandonné par les gaspilleurs du dimanche, ces flâneurs qui ont pour habitude de retourner dans la jungle citadine dès que le crépuscule floute l’horizon.
C’est à votre tour de devoir lever le camp. Remballant vos affaires à contrecœur, vous visualisez ce film féérique des souvenirs heureux de la journée, les baignades joyeuses, la contemplation amusée de la valse des yachts blancs approchant Repulse Bay (Chín séui wāan, 淺水灣), etc. Vous murmurez dans un souffle, pour ne pas déranger la quiétude de la nature dorénavant abandonnée par les humains, « Gwōng yām chíh jin ! » (光陰似箭), littéralement « La lumière et l’ombre, comme une flèche », signifiant « Que le temps passe vite ! ». Cette expression de regret s’utilise pour insister sur les bons moments qui viennent d’être vécus, « gwōng « (« lumière ») et « yām » (« l’ombre ») réunis en « gwōng yām » signifiant « moment précieux » et « jin », « la flèche ».
Vous n’emploieriez guère cette référence poétique à la danse perpétuelle des astres si vous sortiez, transpirant, éreinté, d’un long rendez-vous d’affaires laborieux et peu fructueux. En retard sur votre emploi du temps, jetant un coup d’œil frustré sur votre montre, vous vous exclameriez plutôt « Yāt chyun gwōng yām, yāt chyun gām ! » (一寸光陰一寸金), mot à mot « Une unité de moment précieux, une unité de métal », soit « Le temps, c’est de l’argent ! ».
Cette notion bien ancrée de la cherté de l’instant conduit à une gestion ad hoc des priorités. Il se fait, par exemple, de ne rencontrer qu’épisodiquement des amis chers habitant pourtant à deux pas de chez vous. Personne ne s’offusquera de la rareté des retrouvailles. A cet égard, dans la majorité des cas, le « Hóu loih móuh gin » - textuellement « Cela fait très longtemps que l’on ne s’est pas vu ! » -sympathiquement entendu à tout bout de champ, ne recèle aucun sentiment de culpabilité. Quasiment équivalente à un « Bonjour ! », cette formule de politesse guillerette, qui, dans la plupart des cas, n’a rien d’une excuse, invite, maintenant que c’est enfin l’heure de se retrouver, à rattraper le temps perdu.

Par EM à Hong Kong

Photo
Photo : 22/09/2019 South Bay Beach, Hong Kong Island - ©Keih Saht Le
Lexique :
Gwōng yām chíh jin : Le temps passe vite
光陰似箭
Gwōng :
La lumière
光
Yām :
L’ombre
陰
*
Yām (陰) est aussi le Yin( yīn en Mandarin) : En philosophie chinoise ancienne, il s'agit de l'
énergie de la terre correspondant à l’aspect nourricier de la matière. En médecine chinoise traditionnelle, il s'agit, notamment, de l’énergie du froid. (https://www.keihsahtle.com/accueil/prof-michelle-law-pui-man-docteur-au-coeur-du-renouveau-de-la-medecine-chinoise)
Chíh : Similaire, comme
似
Jin :
La flèche, une espèce de bambou
箭
Gwōng Yām :
Le temps, un moment précieux
光陰
Yāt chyun gwōng yām, yāt chyun gām :
Le temps, c’est de l’argent
一寸光陰一寸金
Chyun :
Petit, tout petit, unité de mesure, arrogant
寸
Gām :
Or, argent, métal
金
Hóu loih móuh gin :
Cela fait longtemps que l’on ne s’est pas vu !
好耐冇見
Hóu loih :
Trés longtemps
好耐
Gin :
Rencontrer, voir
見
Móuh :
Ne pas avoir, être sans
冇

Photo
Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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Prof. Michelle Law Pui Man, docteur au cœur du renouveau de la médecine chinoise traditionnelle à Hong Kong

5/13/2025

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ENTREVUE : Débordante de vitalité, rayonnante d’énergie communicative, Prof. Michelle Law Pui Man s’est entretenue avec Keih Saht Le afin d’expliquer les principes de la médecine chinoise traditionnelle qu’elle pratique. Elle expose aussi pourquoi cette discipline se destine à bénéficier d’un fort développement au Port au Parfum.
Docteur en médecine traditionnelle chinoise, Prof. Michelle Law Pui Man exerce actuellement dans deux cliniques privées de Hong Kong, au Vitality Center et à la Heal Fertility. Elle est également professeur adjoint au Centre pour l’éducation et la promotion de la santé (« Center for Health Education and Health Promotion ») de la Chinese University de Hong Kong.

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23/04/2025 Prof. Michelle Law Pui Man / Mandarin Oriental, Central ©Keih Saht Le
Introduction
Renaissance et modernité
Ces jours-ci, les herboristeries fleurissent aux quatre coins de Hong Kong. Fournissant des plantes utiles à la concoction de remèdes naturels, elles attirent de plus en plus de monde. Les habitants de la ville redécouvrent les bienfaits de la médecine traditionnelle chinoise (« Traditional Chinese medicine », TCM) depuis les années de la pandémie de Covid-19. Nombre d’entre eux estiment qu’elle les a aidés à renforcer leurs défenses immunitaires, à se soigner plus vite des virus, à se débarrasser, par exemple, de toux dont les médicaments de la médecine dite moderne n’arrivaient pas à bout.
Ce regain d’intérêt pour la TCM est amplement encouragé et accompagné par le gouvernement hongkongais. Le tout neuf Chinese Medicine Hospital de Hong Kong (Chinese Medicine Hospital of Hong Kong, CMHHK), situé au 1 Pak Shing Kok Road (Tseung Kwan O), va bientôt ouvrir ses portes. Celui-ci prodiguera des services hospitaliers et ambulatoires subventionnés par l'État tout en se livrant à des missions de formation, d'éducation et de recherche. Dans cette optique, il collaborera avec les universités et établissements d'enseignement de Hong Kong, de Chine continentale et de l'étranger dans la recherche clinique et le développement de médicaments chinois brevetés. Illustrant sa volonté d’internationalisation, le CMHHK a signé un accord de collaboration stratégique avec la TCM-Klinik Bad Kötzting (TCM-KBK) d’Allemagne en janvier dernier.
Un autre vecteur de sensibilisation à la TCM a été le lancement du premier Hong Kong Chinese Medicine Culture Festival, de décembre 2024 à février 2025, au cours duquel s’est déroulé tout un éventail d’activités, des consultations gratuites, de multiples conférences.


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25/04/2025 Prof. Michelle Law Pui Man / Vitality Center, Central ©Keih Saht Le
Entretien avec Prof. Michelle Law Pui Man, docteur en médecine chinoise traditionnelle

Comment votre parcours vous a-t-il conduit à la médecine chinoise ?
L’une des étapes décisives de mon cursus a été lorsque j’ai décidé de me spécialiser en médecine chinoise traditionelle (TCM), rejoignant l’Ecole de Médecine Chinoise (School of Chinese Medicine) de la Chinese University of Hong Kong (CUHK). A l’époque, j’ai fait ce choix plus par pragmatisme que par enthousiasme. C’était juste après la rétrocession (en 1997) à la Chine, tandis que le gouvernement dotait, pour la première fois, la médecine chinoise d’un statut et d’un cadre légal. Ce faisant, le Conseil de la médecine chinoise (« Chinese Medicine Council of Hong Kong ») a été installé sous l’autorité du Département de la Santé du gouvernement de la Région Administrative Spéciale de Hong Kong. J’ai pensé que cette initiative contribuerait à la multiplication des opportunités professionnelles. J’avoue que les premières années de spécialisation ont été ardues : Je me trouvais souvent en conflit avec moi-même, tant la philosophie à la source de la médecine chinoise diffère des concepts de la science moderne que j’avais appris initialement. Puis, lors des stages effectués en clinique au cours de mes troisième et quatrième années à la CUHK, j’ai été impressionnée par les résultats obtenus sur les patients. Définitivement conquise, je me suis passionnée pour cette matière.

Quelles sont vos spécialités ?
Mon doctorat en médecine familiale a porté sur l’acné vulgaire induite par un déséquilibre hormonal. A l’origine, je pensais devenir dermatologue. J’ai aussi développé un intérêt pour la fertilité (médecine reproductive) et ai été professeur adjoint du département d'obstétrique et de gynécologie de la Chinese University de Hong Kong. Je continue de participer à l’élaboration de protocoles de recherche, mais en qualité de professeur adjoint au Centre pour l’éducation et la promotion de la santé (« Center for Health Education and Health Promotion ») de la Chinese University de Hong Kong. C’est la pratique de la TCM au Vitality Center, clinique dédiée aux méthodes de guérison naturelles, rejointe depuis plus de 16 ans, qui occupe le plus clair de mon temps. Depuis peu, j’exerce aussi à la clinique privée Heal Fertility, qui propose de l’acupuncture et de la médecine chinoise à base de plantes aux patients bénéficiant de services de procréation assistée.
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25/04/2025 Prof. Michelle Law Pui Man / Vitality Center, Central ©Keih Saht Le
Quelle est la différence entre la médecine chinoise traditionnelle et la médecine dite moderne ?
La différence majeure est la philosophie fondatrice. Celle-ci se base sur les écrits du « Yijing » (« Yihk gīng » en Cantonais, 易經), soit le « Livre des changements », ouvrage constitué sous le règne de l’Empereur Jaune qui aurait vécu de 2 697 à 2 598 avant Jésus Christ. Selon cette pensée millénaire ainsi transcrite, le « Qì » (« Hei » en Cantonais, 氣) constitue la force fondamentale présente dans tout être vivant. En termes scientifiques, il s’agit de bioélectricité intelligente circulant dans notre corps, responsable de la conduite et de la régulation de tous les fonctionnements corporels. Ce souffle de vie circule via ses méridiens (réseau invisible et immatériel), influencé en permanence par les énergies Yin (陰)et Yang (陽), se rapportant respectivement au féminin et au masculin, au froid et au chaud, à la détente et à l’excitation, etc. Interdépendantes et complémentaires, comme la nuit et le jour, ces deux polarités sont en mouvement constant. Pour simplifier, la mission du docteur en TCM est de rétablir la circulation adéquate du Qi ainsi que l’équilibre entre le Yin et le Yang. Le praticien ne prête pas seulement attention aux symptômes de la maladie à soigner. Il tient compte du bien être global de son patient. L’avantage de cette méthode personnalisée est de déceler les racines initiales du mal, de les traiter en profondeur, puis de créer, à la longue, un terrain favorable à des guérisons de long terme. C’est pourquoi, ici à Hong Kong, nous sommes convaincus que la TCM et la médecine moderne occidentale sont parfaitement complémentaires.

Quels sont les piliers de la médecine chinoise ?
L’acupuncture, la phytothérapie, les massages thérapeutiques (le « tuī ná », « tēui nàh » en Cantonais, 推拿), les exercices énergétiques (le « qìgōng », « hei gūng » en Cantonais, 氣功) et le mode de vie, dont la diététique.

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23/04/2025 Prof. Michelle Law Pui Man / Mandarin Oriental, Central ©Keih Saht Le
Comment définissez-vous l’acupuncture ?
L’acupuncture est une stimulation externe de points spécifiques du corps, en l’occurrence sur les méridiens, via de fines aiguilles, afin de provoquer une réaction propice à un rééquilibrage de la circulation du Qi, du Yin et du Yang. L’acupuncture est utilisée à la fois de manière préventive et pour soigner.

Les potions en poudre prescrites sont-elles entièrement végétales ?
Seulement 3 % des remèdes prodigués ne sont pas végétaux. Ces 3 % en question sont composés de minéraux et de substances animales. Par exemple, l’exuvie de cigale et le ver de terre sont utilisés pour traiter l’asthme. Le Cordycep, champignon qui se développe sur des larves d'insectes, peut se prescrire pour réguler l’immunité. Notons qu’à Hong Kong, il est absolument interdit de vendre des composants contenant de la bile d’ours ou du pangolin. Très strict, le Département de la Santé effectue des contrôles régulièrement, tant des herbes fraîches que des poudres vendues. Leurs fournisseurs doivent détenir la licence GMP (« Good Manufacturing Practice »). Pour l’instant, la plupart des végétaux dédiés aux potions concoctées à Hong Kong sont originaires de la Chine continentale. Afin de répondre à la croissance de la demande, une diversification des sources d’approvisionnement, en particulier organiques, serait souhaitable.

Quel aliment aide-t-il à évacuer le trop plein d’humidité de son organisme, à l’époque de la saison chaude des grandes pluies au Port au Parfum ?
Le thé de soie de maïs (sans caféine), au potentiel diurétique, combat la rétention d’eau en évacuant les toxines nuisant à notre organisme. L’avantage de la barbe de maïs est d’être neutre, c’est-à-dire de ne pas modifier notre propre équilibre du Yin (froid) et du Yang (chaud). En TCM, les aliments sont considérés comme des remèdes. Par exemple, si notre corps comporte trop de Yin, il sera conseillé d’absorber des aliments qui réchauffent, comme le potiron, le poulet, les crevettes, etc. En revanche, si notre corps contient un surplus de Yang, il sera recommandé de choisir des aliments qui refroidissent, tels la pastèque, les pousses de soja, le blanc d’œuf, etc.

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Photo 23/04/2025 Prof. Michelle Law Pui Man / Mandarin Oriental, Central ©Keih Saht Le
Quels échanges existent-ils entre Hong Kong et la Chine continentale en matière de médecine chinoise ?
Les échanges tissés entre Hong Kong et la Chine continentale sont multiples. Des stages d’étudiants sont organisés régulièrement dans les hôpitaux du Continent spécialisés en TCM. Lors de mes études, j’ai moi-même suivi ces stages de 15 mois à Shenzhen et à Canton. Pendant la pandémie de Covid-19, des universitaires de Chine continentale ont visité Hong Kong à plusieurs reprises dans le cadre d’échanges d’expériences en matière de gestion d’épidémie. Il existe aussi de nombreux partenariats de recherche entre hôpitaux et universités.

Dans quels domaines la recherche en médecine doit-elle être encouragée ?
J’espère que l’ouverture prochaine du Chinese Medicine Hospital de Hong Kong (Chinese Medicine Hospital of Hong Kong, CMHHK) jouera un rôle de catalyseur d’accélération de la recherche. Ce serait formidable si les domaines privilégiés étaient les traitements des cancers, des maladies cardiovasculaires, du système immunitaire (maladies auto-immunes), la fertilité. La TCM pourrait en outre apporter des réponses personnalisées à l’obésité qui peut, dans certains cas, s’expliquer par un trop plein de stockage d’humidité et de toxines dans l’organisme. Quoi qu’il en soit, l’ouverture prochaine du CMHHK est une excellente nouvelle, susceptible d’offrir l’accès à la TCM au plus grand nombre.

*La médecine chinoise traditionnelle (TCM) s’avère efficace pour soigner toute une palette de maladies et de désagréments : à cet égard, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) cite les lombalgies, les maux de tête, l'hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, la paralysie faciale comme la paralysie de Bell, l'insomnie, le rhume des foins, la dépression et l'acné. Le recours à la TCM est de plus en plus fréquent pour soulager les femmes en convalescence post-partum, des symptômes du syndrome prémenstruel et de la ménopause. Il est courant que les patients ayant subi une chirurgie occidentale ou des traitements contre le cancer (radiothérapie, chimiothérapie) soient traités par acupuncture, massage ou par des plantes, afin d’atténuer la douleur, réduire les effets secondaires des traitements lourds et accélérer leur rétablissement.

Pour approfondir :
Chinese Medicine Council of Hong Kong 
https://www.cmchk.org.hk/index_en.html
Hong Kong Chinese Medicine Culture Festival
https://www.hkcmfest.gov.hk/en/
 
Par EM à Hong Kong


Entrevues : https://www.keihsahtle.com/entrevues.html
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A Hong Kong, tous les chats sont mimis

4/17/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Mī mī mō mō » - « Lambiner »
 Une fois n’est pas coutume. Aujourd’hui, vous vous présentez pile à l’heure au rendez-vous fixé avec votre amie Hongkongaise. Or, vous ne la trouvez point. Contrairement à ses habitudes d’arriver avec un quart d’heure d’avance, celle-ci fait irruption avec deux minutes de retard, essoufflée. Après s’être excusée platement, elle confesse, usant d’autodérision. Ce matin, elle a « mī mī mō mō » (咪咪嚒嚒), elle a lambiné. Les tâches ordinaires de la vie courante se sont effectuées « maahn maahn dī », « plus lentement » que d’habitude. Usité gentiment pour se moquer de sa propre paresse, « mī mī mō mō », en revanche, se transforme en critique lorsqu’il s’agit de décrire la lenteur exaspérante de quelqu’un d’autre.
« Mī mī mō mō » n’a pas de traduction littérale. Cette expression s’écoute comme une chanson espiègle, rythmée des deux sonorités « mī mī » et « mō mō ». Tandis que « mō mō » ne se réfère à rien de particulier, « mīmī » (咪咪) indique (en Mandarin comme en Cantonais) le miaulement du « chat » (« māau », 貓), figurant ainsi parmi les prénoms les plus populaires des félins domestiqués. Sinon, la coutume veut de les appeler en décrivant la couleur de leur pelage. Le chat tigré ou zébré est nommé « Síu fā » (« Petite fleur », 小花), le noir et blanc « Nāai ngàuh » (« Vache laitière », 奶牛), celui à trois couleurs, « Sāam fā » (« Trois fleurs », 三花). Le minou tout blanc se prénomme « Síu baahk » (« Petit blanc », 小白), le tout noir, « Síu hāk « (« Petit noir », 小黑) et le roux, « Síu wòhng » (« Petit jaune », 小黃).
Bien que les refuges dédiés aux chats abandonnés soient actuellement pleins à craquer pour de multiples raisons (restrictions budgétaires à cause du marasme économique, coûts des soins vétérinaires, fermetures d’animaleries, expatriations), les matous des rues du Port au Parfum sont des stars des réseaux sociaux. Touristes et locaux ne cessent de les photographier. Bien nourris pour la plupart, ils jouent, se prélassent ou gardent fièrement leur territoire autour des boutiques de quartier et des étals des marchés.
Les minets de Hong Kong ont gagné l’affection de tous depuis longtemps, non seulement parce qu’ils accomplissent avec brio leur mission d'effrayer les rats affamés, mais aussi parce qu’ils sont jugés mignons unanimement. Il suffit d’ajouter « māau » (« chat ») à la fin d’une expression de reproche pour qu’elle devienne amicale, empreinte de tendresse. Par exemple, alors que « wàih sihk » (為食) signifie goinfre, « wàih sihk māau ! » prend le sens de gourmand, sous-entendant que la personne à qui s’adresse cette interjection est aussi adorable que les minets dodus traités régulièrement de friandises. Dans la société hongkongaise, les amoureux des chats se comptent par milliers, autant attachés à leur compagnon domestique que Victor Hugo, qui déclarait « Dieu a inventé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser chez lui. »
 
Par EM à Hong Kong

Photo
Photo : 03/10/2022 Mid-Levels - ©Keih Saht Le
Lexique :
Māau :
Chat
貓
Maahn :
Lentement
慢
Maahn Maahn dī :
Plus lentement
慢慢啲
Wàih :
Vers, dans la direction, pour, par, vis-à-vis, peut impliquer une forme passive
為
Sihk :
Manger
食
Wàih sihk :
Glouton, goinfre
 為食
Wàih sihk māau :
Gourmand, gourmet
為食貓
Wū jōu :
Sale, crasseux, malpropre
污糟
Wū jōu māau ! :
A la fois sale et mignon
污糟貓
* A employer sur un ton rigolard, empli d’affection.

Photo
Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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A Hong Kong, la chasse aux taxis est sans pitié

4/15/2025

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EXPRESSION CANTONAISE : « Jiht wúh » - « Intercepter, au nez et à la barbe de quelqu’un »
Tableau coutumier de la vie courante du Port au Parfum, vous vous approchez du bord du trottoir, patientez quelques minutes. Vous jetez un coup d’œil à votre montre, vous risquez d’arriver en retard si l’attente se prolonge. Enfin, visant un taxi à l’approche, vous le hélez avec allégresse, soulagé. Le bolide commence à freiner avant de piler au meilleur endroit qu’il puisse dénicher, à un petit mètre de vous. Soudain sorti tout droit d’un décor auquel vous n’aviez point prêté attention, un personnage débarque en trombe, juste devant vous. Celui-ci saute avec agilité dans le véhicule à l’arrêt. Moins de deux secondes plus tard, la portière se referme derrière lui, d’un coup sec. Le taxi convoité a été raflé à votre nez et à votre barbe : Vous vous êtes fait « jiht wú » (截糊), dit-on en Hongkongais, tout sourire, car ceci fait partie du jeu entre gens pressés.
Si cette effronterie vous contrarie, apprenez à être beau joueur comme au Mah-jong, justement à l’origine de cette expression. « Jiht wú ! » s’y déclame lorsque l’un des participants coupe, in extremis, l’herbe sous le pied de l’un de ses opposants en passe d’assurer la victoire.  « Jiht » (截) exprime l’idée de couper, d’intercepter. « Wú » (糊) se réfère au « congee » (bouillie de riz blanc gluante parfumée et assaisonnée de divers ingrédients). Celui qui « jiht wú » pourra ensuite déclarer, comme tout gagnant au Mah-jong, « Sihk wú ! », se traduisant par « se régaler du congee », « sihk » signifiant manger.
Attention, on ne « Jiht wú » pas en toute circonstance. Cela ne se fait pas du tout de dá jīm (打尖), c’est-à-dire de couper les files d’attente ordonnées ressemblant, à vol d’oiseau, à un long dragon élancé, appelées à juste titre « yàhn lùhng » (人龍, « dragon humain »), « yàhn » pour personne, « lùhng » pour dragon. Dans ce cas de figure, plutôt que de vous mettre à dos des dizaines, voire des cinquantaines de témoins, enquerrez-vous plutôt auprès du gardien chargé de la surveillance : « Lùhng méih hái bīn douh a ? », mot à mot, « Où la queue du dragon se trouve-t-elle ? », soit, « Où la fin de la file se situe-t-elle ? ». Si cette dernière vous paraît trop éloignée et que vous souhaitez tester votre chance un peu plus tard, vous pouvez demander à quelle heure il est prévu de « jiht lùhng » (« Couper le dragon »), c’est-à-dire de disperser la file d’attente. S’il vous est répondu : « Dans dix minutes. » Alors, une fois de plus, il vous faudra faire contre mauvaise fortune bon cœur.


Par EM à Hong Kong
Photo
Photo : 06/01/2025 Central - ©Keih Saht Le
Lexique :
Jiht wú : Intercepter, au nez et à la barbe de quelqu’un
截糊
Dá jīm :
Couper une file d’attente en trichant
打尖
Jiht lùhng :
Disperser une file d’attente
截龍
Yāt tíuh yàhn lùhng :
Une longue file d’attente
一條人龍
Mot à mot « yàhn lùhng » signifie dragon humain.
Lùhng méih :
Le bout de la file d’attente, la fin de la queue
龍尾
Mot à mot « lùhng méih » signifie la queue du dragon.
Lùhng méih hái bīn douh a ? :
Où le bout de la file d’attente se situe-t-il ?
龍尾喺邊度呀?
Pàaih déui :
Faire la queue
排隊
Màh jéuk :
Mah-jong
麻雀
Sihk wú :
Exclamation indiquant la victoire d’une partie de Mah-jong
食糊
Mot à mot « sihk wú » signifie manger le congee.
Sihk :
Manger
食
Wú :
Congee (bouillie de riz blanc gluante parfumée et assaisonnée de divers ingrédients)
糊
Autres expressions avec le Mah-jong : https://www.keihsahtle.com/accueil/a-hong-kong-un-sourire-large-comme-une-tuile-de-mah-jong

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Jongler avec les mots : https://www.keihsahtle.com/jongler-avec-les-mots.htm
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